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Roger
Cousinet
(1881 - 1973)

Né
à Arcueil le 30 novembre 1881.
Fait ses études en internat au Lycée Michelet. Prend conscience
de sa vocation de professeur en 1896.
Bac philo (1898, classe dAndré Lalande) une année
de khâgne, mais échec à Normale Sup. (1902).
Il opte pour lInspection primaire ce qui implique
alors, un stage de 5 ans dans lenseignement primaire.
Muni dune licence es lettres (1903), il est nommé
instituteur à Malakoff avec un CP de 75 élèves
!
Dès
1907, il sinscrit à la Société pour létude
psychologique de lenfant, dirigée par Binet, puis, nommé
inspecteur en 1910, il prend successivement des responsabilités
dans plusieurs revues consacrées à léducation.
- Secrétaire de rédaction de la revue lEducateur
Moderne(fondée par J.P. et B. Boncourt)
- Secrétaire des séances à la Société
Binet
- Directeur de lEducateur Moderne à la mort de G.
Compayre.
Il élabore également, sous la direction de Durkheim, une
thèse sur la vie sociale des enfants.
Mobilisé
en 1914 et blessé à Neuilly St. Vaast. Il est classé
auxiliaire et démobilisé en 1917.
Il reprend ses travaux en 1920 et met au point la méthode de
travail libre par groupe.
- Il publie des leçons dhistoire dans lEcole de
la Vie.
1921 Fondation avec Mme Guéritte dune association
pédagogique La Nouvelle Educationqui publiera de
1922 à 1936 des cahiers mensuels.
1ère édition dune brochure sur le travail libre par
groupe. Elle sera suivie en 1925 dune seconde édition augmentée
dune méthode de travail libre à lusage des enfants
de 9 à 12 ans.
Publication de lOiseau Bleu, recueil périodique
de récits denfants.
Il donne
des conférences et participe à des congrès
importants tels que :
- 3ème Congrès de lEducation Morale à Genève,
où il fait une communication sur lHistoire des choses (1922)
- 4ème Assemblée de la Nouvelle Education avec la participation
de J. Piaget (1922) à Paris.
- Conférence à Oxford sur linfluence du travail libre
sur le caractère des enfants.
- 5ème Congrès de la Ligue Internationale de lEducation
Nouvelle à Elseneur (1928)
- Congrès de la Nouvelle Education (1931) avec une communication
de Maria Montessori devant un millier de personnes.
Ses méthodes,
en tant quinspecteur, étant contestées par lEducation
Nationale, il quitte lAube pour Sedan et, infatigable chercheur,
parvient à créer une classe expérimentale
dans une école publique de plein air, à linitiative
de la Croix Rouge puis les interdits sur ses expériences
finissant par être levés, il est muté (sur sa demande)
à Juvisy.
1939 : la guerre met fin à la Nouvelle Education.
1941 : Les premières manifestations de la vie sociale chez lenfant.
Journal de Psychologie.
1944, 18 avril : bombardement allié sur Juvisy : sa vie est sauve,
mais la somme de documents accumulée au cours dune longue
vie de recherche est détruite.

1945 : Cours de pédagogie à La Sorbonne (jusquen
1958).
Fondation, avec F. Chatelain, de lEcole nouvelle française.
Edition
définitive de Une méthode de travail libre par groupes
au Cerf (réed. En 1949 et en 1968).
1949 : Leçons de pédagogie (PUF)
- 1950 : Fais ce que je te dis (réédité
au Scarabée en 1961).
Lenseignement de lhistoire et léducation
nouvelle (Presses dIle de France)
La vie sociale de lenfant (Scarabée)
Léducation nouvelle (Delachaux et Niestlé).
1951
: Série de conférences à lEcole des Cadres
des Charbonnages de France, puis à Mulhouse et à Colmar.
Journée détudes E.N.F. à Luxembourg.
1952 : Lenseignement de la grammaire (Delachaux et
Niestlé)
La formation de léducateur (PUF)
Traductions espagnoles de La méthode
et LEducation
nouvelle.
Traduction italienne de La méthode
1953 : traduction en espagnol de La vie sociale des enfants, en italien
de Léducation nouvelle.
1954 : La culture intellectuelle (Presses dIle de
France)
1959 : Pédagogie de lapprentissage (PUF)
1964 : Fondation, avec Louis Raillon, de Education et développement.
R.C. comme précédemment dans lE.N.F., y publie de
nombreux articles et comptes rendus.
1973, 5 avril
: mort de Roger Cousinet à Paris.
Pierre Cousinet
à qui nous devons, cette chronologie, rédigée en
partie daprès des notes de son père, ajoute : «
Il avait été un bon pianiste et violoniste amateur, critique
musical et historien érudit, ouvert à toutes les formes
dart et pénétré de lancien esprit humaniste».
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François
Chatelain
(1896 - 1978)
Né
à Genève le 25 août 1896. Dans Les Souvenirs
de Maman, il évoque ses souvenirs dune vie familiale
très simple, très unie, profondément chrétienne.
Cette éducation, qui paraît avoir été
plutôt austère mais affectueuse et joyeuse, semble
lavoir fortement marqué.
Au sortir du Collège, après le bachot, il entre,
fin 1915, au séminaire St. Sulpice à
Paris. Mobilisé en juin 1916 sa famille ayant opté
pour la nationalité française il est incorporé
à Bourg en Bresse. Il y rencontre le Père Héret,
le premier dominicain quil ait connu. Versé dans
lartillerie lourde, il prend part, dans des conditions assez
dures, aux combats sur la Marne en 1918.

Démobilisé en 1919, il se rend à Kain
pour réfléchir sur sa vocation. Les responsables
lui conseillent dattendre encore en suivant des études
de philosophie à lUniversité de Fribourg.
Il y passe 3 ans en travaillant à une thèse sur
la philosophie affective de Théodule Ribot qui lui vaut
le doctorat. Dès lors, il soriente vers la psychologie.
En
mars 1922, il entre au noviciat dominicain dAmiens, puis
en mars 1923 reprend ses études philosophiques et théologiques
à Kain. Il est ordonné prêtre le 25 juillet
1926.
En 1932, il est assigné au couvent St Jacques. Il reprend
avec Robert Garric et le Père Forestier la direction de
la Revue des Jeunes. Il soriente vers la pédagogie,
fréquentant lInstitut J.J. Rousseau, à Genève,
alors creuset de la pédagogie nouvelle.
- Cest vraisemblablement à cet Institut J.J. Rousseau
que se sont rencontrés nos fondateurs. Loriginalité
étant que ces deux passionnés de pédagogie
aient su dépasser leurs convictions personnelles pour travailler
ensemble : R. Cousinet était aussi résolument agnostique
que F. Chatelain était engagé dans sa foi chrétienne.
Ils nouèrent une solide amitié qui se révéla
particulièrement efficace lorsquun bombardement ayant
détruit la maison de R. Cousinet avec toute sa documentation
et travaux en cours
. F. Chatelain proposa à R. Cousinet
un nouveau départ.
Ensemble,
ils fondent :
- en 1945, le mouvement lEducation Nouvelle Française
ainsi que la revue qui laccompagnera.
- en 1946, lécole La Source pour être
lillustration des Principes de lEducation Nouvelle
qui viennent dêtre publiés.
- Ils choisissent Françoise Jasson pour cette fondation.
Ayant
chacun une chaire de psycho-pédagogie, lun à
la Sorbonne, lautre à lInstitut Catholique,
ils soccupent activement du Mouvement et de la Revue.
F.
Chatelain décrit ainsi leur travail :
Tous les jeudis, après son cours à la Sorbonne,
M. Cousinet arrivait avec sa serviette bourrée de livres
et de revues, et nous parlions de la revue, du mouvement et de
toutes les questions plus ou moins proches de léducation
Ceux qui ont connu M. Cousinet savent que sa compétence,
son érudition étaient exceptionnelles. Il avait
lu tout ce qui paraissait concernant léducation.
Chaque jeudi, il emportait dans sa grande serviette les ouvrages
que nous recevions, en anglais, en allemand, en italien, en espagnol
et le jeudi suivant il mapportait le compte-rendu de ses
ouvrages quil commentait pour moi à bassons rompus.
Grâce à un travail incessant, régulier, au
fil des semaines et des années, M. Cousinet avait accumulé
une quantité exceptionnelle de connaissances. Il entretenait
aussi avec de nombreux pionniers de lEducation Nouvelle
Espagnols expatriés en Amérique Latine, Italiens,
Allemands, Suisses, Hollandais, etc. une correspondance
qui lui permettait de suivre le développement et les difficultés
du mouvement de lEducation Nouvelle mondiale ". (Education
et Développement, n°87).Ensemble encore, ils publient,
en 1966, une initiation à lEducation Nouvelle avant
que F. Chatelain ne quitte lenseignement pour raison de
santé. Il restera désormais à Dijon, sintéressant
à lhistoire de la Bourgogne et de Dijon. Il y décède
en 1978.
Ils confient la direction de La Source, premier terrain dapplication
de lEcole Nouvelle à Françoise Jasson.
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Françoise
Jasson
(1920-1980)

Françoise
Jasson est née à Paris le 15 septembre 1920, aînée
de 4 enfants (une maman souvent souffrante, elle participe à
léducation de ses deux plus jeunes frères).
A 18 ans, premiers pas sur le chemin de léducatif,
elle prend des responsabilités aux Guides de France
(scoutisme féminin français) dabord au plan
local, puis chargée de formation et de recherche.
1938. Munie dun diplôme de jardinière
denfants, son premier poste est un collège parisien
dont la directrice Hélène Georget se préoccupe
des recherches en cours en matière déducation.
Cest elle qui conseille à Françoise Jasson dapprofondir
ses connaissances, de "chercher". Ce quelle fait
en suivant les cours de psycho-pédagogie de François
Chatelain, puis de Roger Cousinet.
1946. Elle a 26 ans lorsque ces deux pédagogues lui
confient la création dune école qui pourrait
illustrer les principes de lEducation Nouvelle, récemment
publiés. Il est sûrement important quils aient
choisi quelquun de jeune et de "neuf" en éducation.
Important aussi que cette fondation corresponde également
au désir de plusieurs parents. Ainsi naît la trilogie
de base de La Source (enfant parent école).
On commence "petit" le 18 novembre 1946. Françoise
Jasson se trouve avec 9 enfants de 5 à 7 ans dans
le salon dun appartement prêté par un parent
rue des St-Pères à Paris puis hébergés
dans une petite école rue de lAbbaye..
Deux ans plus tard, quelques fonds ayant été rassemblés,
La Source sinstalle à Meudon-Bellevue, dans une maison
où tout est à aménager (les premiers enseignants
habitent la maison, font le ménage, fabriquent de leurs mains
casiers et étagères, créent le jardin. Cest
le temps des pionniers !).
En 1948 lécole est officiellement ouverte :
secondaire, mixte et non confessionnelle.
Très vite, le nombre des élèves se multiplie,
ainsi que les classes, sous lil vigilant de R. Cousinet
(et au début, de F. Chatelain qui doit bientôt abandonner
car souffrant).
Pendant quelques années, Françoise Jasson suit ses
premiers élèves puis renonce à leur prise en
charge directe pour se consacrer à sa tâche de directrice.
Une directrice qui veille à tout dans un souci dharmonie
générale, qui lui est propre et qui correspond bien
à lesprit de lEducation Nouvelle.
Harmonie du cadre de vie - la maison est en ordre, jolie,
habitée de dessins ou de tableaux témoignant dun
travail en cours, ainsi que de fleurs à lintérieur
comme au jardin.
Harmonie des relations on explique clairement aux
enfants pourquoi il faut faire ou ne pas faire ceci ou cela.
On "vit ensemble" adultes et enfants. Léquipe
éducative se construit ainsi et la porte de Françoise
Jasson est toujours ouverte à quiconque souhaite un avis,
un soutien. Les parents aussi trouvent leur place et apportent une
aide efficace.
Cette harmonie aura du mal à rester évidente lorsque
lécole aura beaucoup grandi mais Françoise Jasson
continuera à veiller à lépanouissement
de tous avec la même qualité dexigence.
Elle se tient au courant de lévolution de chacun, discute
des contrôles avec les enseignants, etc. Tous ceux qui lont
connue évoquent le regard particulier quelle savait
porter sur chaque enfant.
Bien entendu aussi
et quelle que soit la volonté dharmonie
il y aura des divergences de points de vue des conflits divers
que F. Jasson sefforce de gérer avec honnêteté.
Mais la Directrice de La Source a un autre rôle important
à jouer, celui de représentation de communication
à lextérieur de lécole. Dans les
années 45-60 de grands espoirs sétaient levés
de faire " bouger " lécole en divers lieux,
on essaie de créer, modifier.
Dans ce contexte, lexpérience de La Source, la caution
de R. Cousinet et F. Chatelain maintenant reconnus, attirent une
curiosité, des questions. Il est essentiel de " rendre
compte ". F. Jasson et léquipe Source sacquittent
volontiers de cette tâche.
En organisant des portes ouvertes, des expositions
qui permettent
léchange.
En écrivant dans la Revue ENF et en étant présent
aux stages ENF (souvent implantés à La Source)
En participant à des colloques, conférences, etc
En appartenant au Comité de Liaison dEducation Nouvelle.
Par la suite, les élèves, devenus adolescents, mettent
en évidence que la pédagogie prévue pour les
petits doit être adaptée à leur usage même
si les principes restent valables.
Faut-il aller jusquau bachot ? Après mûre
réflexion, il est décidé que léducation
nouvelle doit faire ses preuves en étant confrontée
à lexamen.
Vers 1960 (ce sera lautre question, non moins brûlante)
faut-il sengager avec lEtat ? Cest un risque,
mais la balance penche en faveur du moindre coût pour les
familles ainsi que du statut des enseignants le contrat dassociation
est donc courageusement choisi.
Ainsi, avec les années, la nouveauté, le militantisme
se sont un peu émoussés
Françoise Jasson
et son équipe prennent dautres initiatives et créent
:
- Les rencontres pédagogiques, rencontres dont loriginalité
réside dans le fait quelle sont ouvertes aussi bien
aux individuels quaux organismes publics ou privés.
- En 1969, lAssociation Nationale pour le développement
de lEducation Nouvelle qui regroupe les écoles
nouvelles se référant à lENF et ayant
pour objectif premier la création dun Centre de Formation
destiné à fournir aux Ecoles Nouvelles des enseignants
formés dans cet esprit (le projet était ambitieux,
voulant allier stages dans les écoles + études en
fac + pédagogie). Faute de crédits ou de subventions
ce centre ne peut fonctionner quune année. LANEN
restera cependant Centre de Formation permanente et regroupement
décoles nouvelles.
Ce faisant, au fil des jours, bientôt 30 années se
sont écoulées. Lensemble Source est devenu lourd
à gérer. Il compte 600 élèves, 450 familles,
70 professeurs.
La fatigue se faisant sentir, Françoise Jasson quitte La
Source en juin 1975 ayant été jusquau bout présente
à tous, petits et grands.
Yves Brunel lui succède.
Mais Françoise Jasson ne bénéficiera pas dun
repos bien gagné, puisque malade, elle décède
5 ans plus tard le 3 mai 1980. Ses obsèques sont loccasion
de nombreux témoignages et des remerciements de tous.
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